Activité

Nucléaire

Prolonger la durée de fonctionnement du parc

Les constats

Selon l’AIEA, sur les 437 réacteurs en exploitation dans le monde fin 2012, 184 sont en service depuis plus 30 ans
(42 % du parc mondial)
, dont 22 depuis plus de 40 ans. L'âge moyen du parc mondial se situe à 28 ans.

Plusieurs pays ont autorisé leurs réacteurs à fonctionner jusqu'à 60 ans, tels les États-Unis où 73 réacteurs ont reçu cette autorisation (13 demandes en cours d'examen fin 2012).

  1. Le programme International Generic Ageing Lessons Learn (Igall) de l'AIEA vise à fournir aux opérateurs de centrales des retours d'expérience sur le vieillissement.

Avec un âge moyen de 32 ans le parc d'EDF en France est parmi les plus jeunes mais, pour plus de la moitié, il atteindra 40 ans de durée de fonctionnement d'ici 2030 :

  1. 25 réacteurs entre 2019 et 2024
  2. 9 autres réacteurs entre 2024 et 2030.

Allonger sa durée de fonctionnement au-delà de 40 ans présente un double intérêt :

  1. industriel, en lissant dans le temps les mises en services de nouvelles centrales, ce qui améliore les retours d'expérience de construction
  2. financier, en reportant au-delà de 2025 les investissements de construction de centrales.
La situation en France

La loi TSN (Transparence et Sécurité Nucléaire) de 2006

Elle ne fixe pas de durée limite d’exploitation mais impose tous les dix ans de réexaminer le niveau de sûreté des installations au regard des meilleures pratiques internationales.

L'autorisation de fonctionnement de chaque réacteur est délivrée, de dix ans en dix ans par l'Autorité de sûreté nucléaire(ASN), au terme de visites décennales approfondies. Ces visites décennales (VD) s'accompagnent :

  1. d'un réexamen en profondeur du niveau de sûreté des installations au regard des meilleures pratiques internationales
  2. d'importants travaux d'amélioration des installations.
    1. En juillet 2011, l’ASN a autorisé la poursuite d'exploitation pour dix ans supplémentaires du réacteur 1 de Fessenheim, après sa 3e VD, et assortit son avis favorable de conditions : travaux supplémentaires (renforcement du radier, dispositions techniques de secours), conformité aux exigences des évaluations complémentaires de sûreté menées après l’accident de Fukushima). Le réacteur de Tricastin 1 avait obtenu cette autorisation en 2010
    2. En avril 2013 après la 3e VD du réacteur 2 de Fessenheim en 2012, l'ASN a prescrit de renforcer le radier et d'installer un refroidissement de secours avant le 31 décembre 2013, en précisant qu' : "Ayant fixé ces prescriptions, l’ASN n’a pas d’objection à la poursuite de l’exploitation du réacteur 2 de la centrale de Fessenheim au-delà de son troisième réexamen décennal."
    3. En janvier 2013, le gouvernement a confirmé sa décision de fermer la centrale de Fessenheim d'ici 2017 dans le cadre de "la loi de programmation pour la transition énergétique attendue courant 2013". EDF a pris acte de la décision gouvernementale et continuera d’exploiter la centrale en toute sûreté en y faisant les investissements conformément aux engagements pris auprès de l’ASN
    4. 7 visites décennales (VD) en 2013 : Chinon B1, Gravelines 2, Saint-Laurent-des-Eaux 2, Bugey 3, Dampierre 3, Blayais 2, Cattenom 4

Un référentiel de sûreté pour un fonctionnement au-delà de 40 ans

Dans le cadre des études associées aux 3e visites décennales du palier 900 MW, l’ASN a indiqué en 2009 qu’elle n’avait pas identifié de problème générique mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté de ses réacteurs de 900 MW jusqu’à 40 ans. En 2009, EDF a proposé à l’ASN un référentiel de sûreté pour un fonctionnement du parc français au-delà de 40 ans, afin :

  1. d'engager des investissements lourds sur une ou deux décennies, pour rénover certains matériels et parties d’installations
  2. d'obtenir de l’ASN une visibilité sur l’après 40 ans, pour pouvoir prendre avec ses partenaires de la filière électronucléaire, des décisions d’investissement.

Les propositions d'amélioration de sûreté envisagées par EDF dans la perspective d'un fonctionnement de 60 ans ont été examinées en janvier 2012 par le Groupe Permanent composé d’experts mandatés par l’ASN. Les investissements de sûreté liés aux conclusions tirées de l’accident de Fukushima seront effectués dans les dix à quinze prochaines années. Le Groupe prévoit d’investir 10 Md€2010 dans les actions post Fukushima conformément aux prescriptions de l’ASN.

Le programme de maintenance et de rénovation d'envergure à partir de 2015

Lancé fin 2011, ce programme industriel intègre :

  1. une rénovation profonde des installations dans la perspective d'un fonctionnement au-delà de 40 ans
  2. les modifications post-Fukushima.

Il vise notamment à améliorer les performances de sûreté nécessaires à l’obtention, par l’ASN et l’État, des autorisations de poursuite de l’exploitation. Il a été présenté aux entreprises prestataires et aux salariés en novembre 2012 pour les préparer à l’ampleur et aux enjeux de ces travaux.

  1. Doublement des travaux de maintenance de 2015 à 2025
  2. Première échéance 2015 avec la visite décennale de l’unité N°2 de la centrale de Paluel, tête de série du programme

Des travaux de Recherche & Développement : le MAI

EDF mobilise les connaissances et les avancées technologiques les plus récentes pour étudier l’usure de composants considérés comme non remplaçables, notamment la cuve du réacteur et les enceintes de confinement, et renouveler certains gros équipements.

Les travaux de R&D sont conduits par le Materials Ageing Institute (MAI) qui associe EDF, EDF Energy, les électriciens japonais Kepco et Tepco et chinois China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), le CEA, AREVA, Mitsubishi Heavy Industries ainsi que les instituts de recherche américain EPRI et japonais CRIEPI. EDF contribue à 50 % à son budget

  1. Une force de R&D représentant les 2/3 de la puissance nucléaire installée mondiale (et 76 % des réacteurs REP à eau pressurisée)
  2. Un réseau MAI-Scientific Network associant 18 universités
  3. Des laboratoires spécialisés en mécanique, corrosion-chimie et microstructure pour améliorer la durabilité des composants et matériaux et prolonger la durée de fonctionnement des centrales
  4. Des équipements de dernière génération comme Titan, le plus puissant microscope au monde, ou le super calculateur IBM BlueGene®

Télécharger le Document de référence, section 6.2.1.1.3 : Production nucléaire (5.53 Mo)

La situation au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, chaque réacteur d'EDF Energy est soumis tous les dix ans à une revue périodique de sûreté et au feu vert de l'autorité de sûreté britannique ONR (Office of Nuclear Regulation) pour sa poursuite d’exploitation.

Le programme Plant Lifetime Extension (PLEX) d'EDF Energy vise à allonger de 7 ans en moyenne la durée d'exploitation des réacteurs AGR et de 20 ans celle du REP Sizewell B. Si toutes ces extensions sont obtenues, elles délivreraient plus de 900TWh d’électricité et économiseraient de l’ordre de 390 Mt/CO2 qui seraient sinon émises par la production thermique à flamme.

Après les résultats positifs des évaluations de sûreté et des études techno-économiques, EDF Energy a été autorisé, en 2011 et 2012, à prolonger la durée d'exploitation de 4 de ses 14 réacteurs AGR :

  1. Heysham 1 et Hartlepool : + 5 ans, jusqu'en 2019
  2. Hunterston B et Hinkley Point B : + 7 ans, jusqu'en 2023
  3. Extensions de la durée d'exploitation des centrales nucléaires : 100 millions de tonnes de CO2 évitées jusqu'en 2013 par rapport à une production à base de combustibles fossiles

Télécharger le Document de référence, section 6.3.1.4.2 : activités nucléaires au Royaume-Uni (5.53 Mo)

Visites décennales du parc nucléaire français
Tranches Année de mise en service industriel Prochaine Visite Décennale Tranches Année de mise en service industriel Prochaine Visite Décennale
Fessenhelm 1 1978 VD4 Gravelines 6 1985 VD3*
Fessenhelm 2 1978 VD4 Cruas 3 1984 VD3
Bugey 2 1979 VD4 Cruas 4 1985 VD3
Bugey 3 1979 VD4* Chinon B3 1987 VD3
Bugey 4 1979 VD4 Chinon B4 1988 VD3
Bugey 5 1980 VD4* Paluel 1 1985 VD3
Dampierre 1 1980 VD4* Paluel 2 1985 VD3
Graveslines 1 1980 VD4* Paluel 3 1986 VD3
Graveslines 2 1980 VD4* Paluel 4 1986 VD3*
Tricastin 1 1980 VD4 St Alban 1 1986 VD3*
Tricastin 2 1980 VD4* Flamanville 1 1986 VD3*
Dampierre 2 1981 VD4* St Alban 2 1987 VD3*
Dampierre 3 1981 VD4* Flamanville 2 1987 VD3*
Dampierre 4 1981 VD3 Cattenom 1 1987 VD3
Tricastin 3 1981 VD4* Cattenom 2 1988 VD3*
Tricastin 4 1981 VD3 Nogent 1 1988 VD3*
Graveslines 3 1981 VD4* Belleville 1 1988 VD3*
Graveslines 4 1981 VD3 Belleville 2 1989 VD3*
Blayais 1 1981 VD4* Nogent 2 1989 VD3*
Blayais 2 1983 VD4* Penly 1 1990 VD3*
Blayais 3 1983 VD3 Cattenom 3 1991 VD3*
Blayais 4 1983 VD3 Golfech 1 1991 VD3*
St Laurent 1 1983 VD3 Cattenom 4 1992 VD3
St Laurent 2 1983 VD4* Penly 2 1992 VD2
Chinon B1 1984 VD4* Golfech 2 1994 VD2
Cruas 1 1984 VD3 Chooz B1 2000 VD2
Chinon B2 1984 VD3 Chooz B2 2000 VD2
Cruas 2 1984 VD3* Civaux 1 2002 VD2
Graveslines 5 1985 VD3 Civaux 2 2002 VD2

 

* Sous réserve de confirmation par l'ASN de l'aptitude du réacteur à poursuivre l'exploitation (il revient à l’ASN d’autoriser – comme après chaque arrêt – le redémarrage du réacteur puis d’émettre, le cas échéant, des prescriptions techniques qui conditionnent la poursuite de son exploitation pour une nouvelle durée de 10 ans).