Impacts

Climat

Préparer l’adaptation au changement climatique

Le changement climatique a des impacts directs sur l’activité de production, distribution et transport du groupe EDF et sur la demande d’énergie.

En réponse notamment au Plan national d’adaptation au changement climatique 2011-2015 de la France, pays qui concentre l’essentiel du parc nucléaire et des réseaux de distribution du Groupe, le groupe EDF a mis en place une stratégie d’adaptation au changement climatique. Adoptée par le Comité de développement durable en juin 2010, cette stratégie concerne les installations industrielles (actuelles et futures), les offres à ses clients, l’optimisation production/consommation et la R&D.

  1. En France, EDF pilote l’action 3.3 du Plan national d’adaptation au changement climatique « Dans le secteur de l’énergie, améliorer les performances en termes de prélèvements et de consommations d’eau des centrales existantes et à venir »
Stratégie

La stratégie d’adaptation au changement climatique du Groupe s’organise autour de quatre axes :

  1. évaluer les impacts des changements climatiques sur ses installations et activités
  2. adapter ses installations concernées pour les rendre moins sensibles aux conditions climatiques extrêmes
  3. prendre en compte les conditions climatiques futures dans la conception de ses installations
  4. améliorer la résilience aux évolutions et situations extrêmes plus difficilement prévisibles.

Cette stratégie est conduite selon le même principe de subsidiarité que le SME. Elle fait l’objet d’un reporting annuel.

Elle s'alimente des retours d'expérience, par exemple la canicule de 2003 qui a conduit à l'élaboration d'un plan Aléas climatiques et a permis d’affronter la canicule de 2006, ou les tempêtes Klaus de 2009 et Xynthia de 2010 en France, ou encore l’accident de Fukushima en 2011.

Elle concerne les outils de production ou de réseaux et leur gestion, ainsi que les besoins nouveaux des consommateurs (par exemple, développement de la climatisation après la canicule de 2003) et les problématiques de santé.

R&D

La R&D étudie les impacts du changement climatique sur le parc de production :

  1. amélioration de la prédiction des phénomènes extrêmes via l'étude des aléas océano-météorologiques (vagues et états de mer, clapots, marées, surcotes et décotes marines et leurs interactions)
  1. Estimation de la hauteur des vagues extrêmes via des simulations et des expérimentations physiques en 2012 et démarrage de l’étude des tendances d'évolution des états de mer
  1. adaptation des sources froides pour le parc nucléaire et thermique
  1. Veille active sur les solutions moins consommatrices en eau et étude de l’impact du changement climatique sur les performances et la disponibilité des sources froides du parc actuel
  2. Forte implication d'EDF aux côtés des pouvoirs publics et de l’ASN dans le groupe de travail Rejets thermiques. Objectifs : mieux anticiper les effets d’une canicule dans un contexte de changement climatique et parfaire la connaissance sur l’impact de l’échauffement via avec un programme mené par EDF R&D avec l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture

Elle s'intéresse aussi à la disponibilité de la ressource en eau.

  1. Études prospectives sur l'évolution de la ressource sous l'effet du changement climatique et de l'évolution des usages, par exemple projet R2D2 conduit sur la Durance avec d’autres équipes scientifiques de recherche (IRSTEA, ONEMA, …) –

Ces deux sujets mobilisent 2 M€ par an

  1. Durant les longues périodes de chaleur, les centrales utilisant les eaux fluviales pour leur refroidissement doivent respecter des règles strictes de température des eaux de rejet pour préserver la biodiversité. Pour ajuster la production de ces centrales, EDF a élaboré des outils de prévision de la température des eaux et du débit des cours d’eau.
La stratégie d’adaptation au changement climatique de la Division Production Nucléaire

La Division Production nucléaire d’EDF articule sa stratégie d’adaptation selon deux axes.

  1. Adapter les installations
    Les centrales nucléaires ont été conçues avec un haut niveau de résistance vis-à-vis d’agressions climatiques externes. Pour améliorer leur efficacité par temps chauds (programme Grands chauds), des travaux importants de rénovation (près de 400 M€ jusqu’en 2019) sont prévus dans les centrales équipées d’aéroréfrigérants. Ces travaux concourent au Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC) mis en place par le gouvernement en 2011.
    1. Dispositifs de suivi des performances thermiques dans toutes les centrales
    2. Réhabilitation jusqu'en 2019 de 15 tours aéroréfrigérantes visant à pouvoir supporter des températures plus élevées
    3. Rénovation en cours des stations de surveillance de l’environnement pour sécuriser les mesures des paramètres physico-chimiques de l’eau
  2. Renforcer la résilience aux aléas climatiques externes
    Les mesures visent à surmonter les événements exceptionnels puis à restaurer l’état initial le plus rapidement possible. Elles intègrent les retours d'expérience de la tempête de 1999, des épisodes de canicule-sécheresse de 2003, 2006 et 2011, de plusieurs épisodes de crues et de l’accident de Fukushima.

    Les organisations de gestion de crise font partie des moyens de résilience : Plans d’urgence interne (PUI) revus fin 2012, Force d’action rapide nucléaire (FARN) déployable depuis le 1er janvier 2013 et noyau dur de dispositions matérielles et organisationnelles sur chaque site
    1. L’EPR de Flamanville 3 est construit 4 mètres au-dessus de la prévision maximale de la hausse du niveau des océans (18 à 42 cm d’ici 2100 selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)
    2. Organisation chaque année d'un exercice de simulation canicule
Dans les Systèmes énergétiques insulaires

Les quatre nouvelles centrales thermiques diesel en service (Port-Est) ou en construction intègrent par conception le risque d'aléas climatiques.

  1. Port-Est La Réunion : digue de protection contre les tsunamis (résistance à une vague de 13 m).
  2. Bellefontaine B Martinique : digue de protection contre les inondations (période de retour 2 500 ans).
  3. Lucciana B Corse : canal de protection contre les crues.
  4. Protection des ouvrants contre les vents cycloniques.
  5. Bassin d'orage pour collecter les fortes précipitations.
Le plan Aléas climatiques d'ERDF

Le réseau de distribution (1,3 million de km) est régulièrement exposé à des conditions météorologiques extrêmes. Etabli en 2006 et actualisé en 2011, le plan Aléas climatiques (PAC) d'ERDF décrit les mesures prévues pour réduire la vulnérabilité du réseau et les délais de réalimentation des clients en cas de coupure. Il est complété par la prise en compte des aléas climatiques dès la conception des ouvrages.

  1. Il est axé sur l'enfouissement des réseaux HTA aériens pour parer aux risques de chute d’arbres, vent, neige, givre, et donne la priorité aux ouvrages les plus exposés aux risques climatiques et à fort enjeu au regard des délais de réalimentation des clients.
  2. Il couvre aussi les risques vis-à-vis des inondations et chaleurs estivales avec des investissements et des mesures appropriées de conception et d’exploitation.
  1. 27 400 km de lignes aériennes HTA déposées entre 2007 et fin 2013, dont 12 600 km à risque climatique avéré
  2. 98 % des réseaux neufs HTA enfouis et 80 % des réseaux neufs BT posés en techniques discrètes

Ce programme d’investissements est complété par la Force d’intervention rapide électricité (FIRE) qui peut mobiliser jusqu’à 2 000 intervenants et des moyens techniques importants pour intervenir rapidement en France et à l’étranger.

  1. 1 700 intervenants de la FIRE mobilisés en mars (neige et vents violents en Normandie et Manche), juillet (orages et rafales de vent) et novembre (neige en Auvergne) 2013
  2. Interventions de la FIRE en janvier 2013 (incendie au poste source de Levallois) et en juillet-août à Paris (vague de chaleur et incidents sur le réseau souterrain HTA)
Au Royaume-Uni

EDF Energy travaille, via l'Association des producteurs d'électricité, sur les deux axes fixés par le gouvernement :

  1. la résilience des infrastructures d’importance vitale
  2. la planification de l’adaptation à long terme.
  1. Selon le rapport de février 2011 sur la Résilience des infrastructures d'importance vitale, le secteur électrique britannique est prêt à faire face à des événements liés à l'évolution du climat, à court et long terme

Le rapport d’adaptation à long terme publié en 2011 par EDF Energy pour l’ensemble de ses centrales évalue les risques comme "faibles" ou "très faibles". Les plus significatifs sont une probabilité accrue d'inondations et de sècheresse, et une hausse des températures de l'air et de l'eau.

  1. La conception des nouveaux sites de production nucléaire intègre les risques et l'impact des effets du changement climatique.
  2. Les légères hausses de risques pour les sites existants ne justifient pas de nouvelles mesures.
  3. Les centrales existantes gèrent déjà ces risques dans le cadre de leurs activités courantes. Les résultats de l'évaluation d'adaptation sont en cours d'intégration où cela s'avère nécessaire.

En complément de la stratégie d’adaptation du Groupe, EDF Energy :

  1. a intégré le programme Japanese Earthquake Response d’études sur les événements météorologiques extrêmes
  2. travaille avec le Met Office (service national de météorologie britannique) et des universités sur des études météorologiques de long terme
  3. a confié à sa R&D des travaux sur l’adaptation aux épisodes pluvieux extrêmes

Préparation aux situations d'urgence au Royaume Uni

En Pologne

EDF Polska a intégré les risques liés au changement climatique dans ses procédures d’évaluation et de gestion et complété les plans de défense, principalement d' EDF Polska Krakow et de Kogeneracja, par des actions visant à minimiser les conséquences :

  1. des inondations : modernisation des barrières anti-inondations sur les décharges et dépôts à charbon, rénovation des réseaux d’assainissement pour la récupération des eaux pluviales, inspection et nettoyage des équipements hydrauliques, travaux de modélisation, développement de plans d’urgence et de gestion de crise, coopération avec les services de pompiers
  2. des sécheresses : stockage d'eau, adaptation des installations, coopération avec les municipalités pour développer des plans de gestion des bassins hydriques, participation à des débats consacrés à la lutte contre la sécheresse.