Sûreté

Politique de sûreté nucléaire du groupe EDF

Les leviers de la sûreté en exploitation

La défense en profondeur s'appuie sur trois lignes distinctes :

  1. la prévention
  2. la surveillance
  3. les actions pour limiter les conséquences d'une défaillance.

Les opérateurs qui pilotent l'unité de production depuis la salle de commande doivent respecter des règles strictes. En cas d'événement, des systèmes automatiques réagissent pour ramener le réacteur en fonctionnement normal et les opérateurs disposent, en temps réel, des informations leur permettant d'agir sur l'installation.

La formation garante de la rigueur d'exploitation

Les opérateurs sont formés au respect rigoureux des règles et procédures d'exploitation. Tout nouvel intervenant :

  1. commence par acquérir, via un cursus de 14 semaines à l'Ufpi (Unité de formation production ingénierie), les compétences de base pour entrer en zone nucléaire puis il reçoit une habilitation après vérification de son comportement sur le terrain
  2. intègre ensuite un cursus de professionnalisation (de 2 mois pour un robinetier à 2 ans pour un opérateur en salle de commande). A chaque étape évaluations et labels valident la progression.
    1. A l'ingénierie nucléaire en France : identification de douze domaines de compétences clés et reprise des référentiels de compétences des emplois

Toutes les centrales sont équipées de simulateurs, répliques de la salle des commandes où les opérateurs s’entraînent à répondre à toutes les situations, et d'un chantier-école pour la formation à la maintenance, ouvert aux sous-traitants.

  1. Entrainement sur simulateur : 12 jours par an et par opérateur en moyenne (objectif : 15 jours)
  2. Mise en service de 5 simulateurs de conduite supplémentaires à partir de 2014
  3. L'Ufpi : 22 centres de formation, 3 millions d'heures de formation assurées en 2012, 350 instructeurs en 2007, 700 en 2012
  4. A l'Ufpi, outre le simulateur principal qui peut reproduire plus de 1 000 pannes, on trouve une centrale miniature et des mini-simulateurs pour focaliser sur un phénomène particulier pouvant altérer les circuits, le combustible, la température, etc.
  5. Renforcement du professionnalisme : un des cinq programmes clés du projet Génération 2020

EDF Energy considère la formation comme un moyen essentiel de la performance professionnelle et d'une exploitation sûre, fiable et efficace des centrales. La société a engagé un programme ambitieux de formation :

  1. renforcement des moyens du centre de Barnwood, en instructeurs et en outils techniques
  2. pilotage des formations par des Comités locaux où les dirigeants des centrales sont impliqués
  3. processus d’accréditation renforcé et placé sous le contrôle du Conseil de formation et d’accréditation (TSAB) qui évalue la performance des dispositifs de formation pour former et qualifier ses personnels.

CENG organise, dans ses trois centrales, des programmes de formation accrédités par l'INPO pour certains métiers (par exemple : opérateurs réacteur habilités, chefs d'exploitation, techniciens chimistes, électriciens, radioprotection, etc.).

Ces programmes de formation, qui comportent une formation initiale qualifiante et une formation continue annuelle, conduisent au renouvellement de l’habilitation tous les quatre ans. Ils sont ouverts aux salariés des sous-traitants. La formation est assurée en salle, en laboratoire, sur le terrain, sur simulateurs, en chantiers-modèles et sur ordinateur.

  1. Entrainement sur simulateur : légèrement supérieur à 12 jours par an et par opérateur en moyenne
La maintenance pour la fiabilité

Tous les 2 à 3 ans, lors des visites partielles, dédiées au rechargement en combustible et à la réalisation d'un programme de maintenance, les réacteurs sont mis à l'arrêt et leurs équipements, en particulier ceux qui sont inaccessibles durant leur fonctionnement, sont inspectés en détail. Plus de 10 000 actions sont planifiées. Tout est vérifié : de la tuyauterie aux alternateurs en passant par les 3 000 tubes des générateurs de vapeur. EDF travaille en relation avec l'ASN qui veille à la qualité des travaux, à la sécurité, à la radioprotection. En fin de travaux, EDF transmet un bilan à l'ASN qui, après analyse, autorise ou non le redémarrage du réacteur.

  1. 3,6 Mds€ investis en 2013 dans la maintenance pour garantir un haut niveau de performance et de sûreté (2,7 Md€ en 2012) en France
  2. EDF Energy : 430 M£ investis dans la maintenance du parc nucléaire en 2013

La France doit pouvoir bénéficier de l’acquis industriel que constitue le parc nucléaire au-delà des 40 ans de fonctionnement qu'atteindront les premières centrales à la fin de la décennie. EDF doit non seulement continuer à maintenir son outil, notamment en intégrant le retour d’expérience, mais également en améliorer les performances de sûreté pour pouvoir obtenir, le moment venu, de l'ASN et de l'État, les autorisations nécessaires à la poursuite d'exploitation de chaque réacteur pour 10 années supplémentaires.

Un programme industriel de grande ampleur intègre une rénovation profonde des installations dans la perspective d'un fonctionnement au-delà de 40 ans ainsi que les modifications post-Fukushima. Première échéance : 2015 avec la visite décennale de Paluel 2.

  1. Doublement des travaux de maintenance de 2015 à 2025

Pour disposer dans les temps des ressources techniques nécessaires (études, fabrication, montage, requalification), EDF a mis en place une stratégie industrielle, pour chaque segment de maintenance. Facilité par un rapprochement avec les écoles et organismes de formation, le renouvellement des compétences contribuera à faire face au pic de départ à la retraite durant la période. De nouveaux bâtiments et parcs de stationnement seront construits pour accueillir les intervenants dans les meilleures conditions.

  1. Présentation du programme aux entreprises prestataires et aux salariés fin 2012.

 

Le retour d’expérience pour progresser

Les retours de l'expérience accumulée par EDF et par les exploitants nucléaires dans le monde font progresser la sûreté (conception et exploitation). Fondé sur l’analyse de dysfonctionnements observés, ce retour d'expérience est intégré lors des révisions périodiques des centrales d'EDF. De plus, tout évènement important en France ou à l’international donne lieu à un réexamen spécifique de sûreté.

  1. Après l'accident de Three Mile Island de 1979 aux Etats-Unis, EDF a ajouté des lignes de défense sur ses centrales : création d’ingénieurs sûreté pour effectuer une surveillance indépendante, installation d'un simulateur dans chaque centrale pour entraîner les opérateurs, renforcement de la redondance
  2. Après la tempête de 1999, qui avait partiellement inondé la centrale du Blayais et conduit à son arrêt, suite à la perte du réseau électrique et à la perte partielle de la station de pompage, EDF a pris trois mesures pour prévenir un risque d’inondation exceptionnel : rehausse et renforcement des digues de protection, travaux d’étanchéité dans les locaux en sous-sol et instauration d’une alerte météo.
  3. Après l'accident de Fukushima, EDF a engagé un programme en France : renforcement des équipes de conduite en cas d’accident grave, importantes modifications dans une logique d’amélioration continue de la sûreté, organisation d'un noyau dur de dispositions matérielles et organisationnelles pour garantir la sûreté au-delà du dimensionnement, création de la force d’action rapide nucléaire (FARN).
    1. Actions post Fukushima : 10 Md€ (valeur 2010) d'investissement prévus par EDF dans les dix ou quinze prochaines années, conformément aux prescriptions de l’ASN
  4. Au Royaume-Uni, EDF Energy améliore la résilience sur sites et l’organisation d’intervention d’urgence, organise le stockage des équipements de secours, renforce la sûreté de la centrale REP de Sizewell B.
    1. 180 M£ investis en 2013 en équipements supplémentaires, logistique et infrastructures pour renforcer la résilience des sites, avec par exemple des générateurs et un parc de véhicules d’urgence

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