Activité

La sûreté du système électrique et les réseaux de transport et de distribution

Le réseau de transport : la mutualisation des grands moyens de production

Thème(s) de l'article :
Le réseau de transport mutualise les grands moyens de production.

Très informatisé, le réseau de transport est déjà un réseau intelligent, Il dispose d’un centre de dispatching national relayé par 7 dispatchings régionaux, qui fonctionnent en continu, 24h/24 et 365 jours/365. Ces dispatchings procèdent aux ajustements nécessaires pour équilibrer le réseau en temps réel :

  1. appel à des productions supplémentaires ou arrêt d’unités
  2. appel à de grands clients volontaires pour des effacements de consommation
  3. échanges d’électricité avec les gestionnaires de réseaux voisins.

A tout moment ce sont les sources renouvelables fatales (éolien, solaire, hydraulique au fil de l’eau) qui injectent en priorité leur production sur le réseau de transport, puis viennent les productions les moins coûteuses, qui figurent généralement aussi parmi les moins émettrices de gaz à effet de serre (thermique nucléaire, gaz) et enfin les autres, jusqu’aux productions d’extrême pointe (turbine à combustion par exemple, hydraulique de barrage)

Le réseau de transport permet de compenser les déséquilibres entre les productions et les consommations régionales
Le développement du réseau de transport accompagne les évolutions du système électrique

Les investissements, supérieurs à 1 Md€ par an depuis 2009, ont atteint 1,44 Md€ en 2013 (1,35 Md€ en 2012) et s'établiront à 1,41 Md€ en 2014. Ils visent à :

  1. raccorder les producteurs
  2. sécuriser l'alimentation de régions fragiles comme le Sud Est (avec le projet de construction des trois liaisons souterraines 225 kV du filet de sécurité PACA) et la Bretagne
  3. faciliter les transits et les secours entre les régions
  4. renforcer les interconnexions frontalières.

En 2013, les principaux investissements sur les ouvrages ont porté sur :

  1. la construction de la ligne d’interconnexion France-Espagne à courant continu
  2. les remplacements de conducteurs pour sécuriser les flux sur les axes 400 kV Baixas-Gaudière et Montélimar-Lyon
  3. l'achèvement des travaux de la ligne Cotentin-Maine
  4. l'installation de moyens de compensation réactive pour garantir la tenue de tension lors de périodes de froid et, dans certaines situations, de transits transfrontaliers
  5. des renouvellements pour maintenir la qualité de service (30% des investissements sur les ouvrages).
  1. Mise en service en avril 2013, après sept ans de concertation, la ligne aérienne 400 kV Cotentin-Maine (340 km de circuits) sécurise l’alimentation électrique du Grand Ouest et permettra d’insérer sur le réseau l’énergie produite par le futur réacteur EPR de Flamanville et par les parcs éoliens offshore et hydroliens
  2. La qualité de l'alimentation électrique, avec un temps de coupure équivalent de 2 minutes 59 secondes hors événements exceptionnels, se situe dans la moyenne des dix dernières années (3 mn 03 s). Avec le taux de fréquence de 0,53, des coupures hors événements exceptionnels est meilleur que l'objectif (0,60).

RTE élabore tous les ans un schéma décennal de développement du réseau de transport. D’importants projets sécuriseront l’approvisionnement électrique en favorisant les secours mutuels et la complémentarité entre les territoires :

  1. filets de sécurité PACA et Bretagne (3 nouvelles liaisons souterraines 225 kV)
  2. mise en service d’ici 2020 d’ouvrages 225 kV pour sécuriser l’alimentation du sud des Pays de Loire et de la Vendée, de la Haute-Loire et de la Loire, ainsi que de la Haute-Durance
  3. renforcement des interconnexions européennes (Espagne et Italie).

 

Les principales mises en service de 2013

(Source : Bilan électrique 2013 RTE)

Les principales mises en service de 2013
Les demandes de raccordement au réseau de RTE témoignent du dynamisme des énergies renouvelables

RTE accélère le développement de son réseau afin de créer des zones d’accueil pour les productions renouvelables, avec un effort particulier sur les renforcements de réseau induits par l’éolien offshore.

  1. 6 146 MW de projets éoliens et photovoltaïques (37 projets) à raccorder au réseau de transport de RTE (dont 4 153 MW offshore, 11 projets) en file d'attente fin 2013 et 4 projets en préparation (proposition technique et financière de raccordement en cours d'étude ou d'examen

Projets éoliens et photovoltaïques en file d'attente ou en préparation de raccordement au réseau

(Source : Bilan électrique 2013 RTE)

Puissance installée au 31/12/2013 Projets en file d'attente Projets en préparation
Nombre Puissance cumulée Nombre Puissance cumulée
Éolien terrestre 411 MW 20 1 571 MW 1 36 MW
Éolien offshore 0 MW 11 4 153 MW 0 0 MW
Photovoltaïque 312 MW 6 422 MW 3 92 MW

 

La hausse de la capacité de production d’énergies renouvelables nécessite une adaptation du réseau de transport d’électricité, via les Schémas régionaux de raccordement des énergies renouvelables au réseau de transport (S3REnR). Élaborés par RTE en accord avec les gestionnaires des réseaux de distribution et en concertation avec les parties prenantes, les S3REnR intègrent les objectifs d'énergies renouvelables inscrits dans les Schémas régionaux Climat Air Environnement ainsi que les capacités d'accueil du réseau. Quand celles-ci suffisent, les S3REnR réservent aux énergies renouvelables une capacité par poste électrique pour une durée de dix ans. Dans le cas contraire, des renforcements ou des créations de lignes ou postes électriques sont proposées.

  1. 8 S3REnR approuvés et 2 déposés en préfecture pour approbation fin 2013
Schémas régionaux de raccordement des énergies renouvelables au réseau de transport
Le succès croissant des dispositifs de modération de la consommation

L’effacement de consommation, source de flexibilité dans le pilotage du réseau, est un atout supplémentaire pour maintenir l’équilibre offre-demande d’électricité et garantir la sûreté du système électrique.

Les effacements sont proposés par RTE via le mécanisme d'ajustement ou via des contrats conclus avec des acteurs qui s’engagent à réduire leur consommation en échange d’une rémunération. Deux types d’effacement participent à l’équilibre offre-demande :

  1. l’effacement industriel
  2. l’effacement diffus, agrégation de petits effacements unitaires de consommation, réalisés au même moment chez des particuliers ou des professionnels, à la demande de RTE, sur sollicitation d’un agrégateur.
  1. 20 GWh d’effacements activés en 2013 dont 50 % d'effacement diffus
  2. Expérimentation par RTE d'offres d’effacement de consommation auprès d'industriels en Bretagne, durant l’hiver 2012-2013 : 5 acteurs retenus, 70 MW mis à disposition. 16 MW mobilisés le 12 décembre 2012, 41 MW le 17 janvier 2013
  3. Créés à l’initiative de RTE en partenariat avec les collectivités territoriales, EcoWatt Bretagne et EcoWatt Provence Azur invitent les consommateurs, via les réseaux sociaux notamment, à une démarche citoyenne et volontaire pour modérer leur consommation d’électricité aux heures de pointe en hiver, et contribuer à éviter les risques de coupures durant la pointe de consommation.

- Le site internet www.ecowatt-bretagne.fr en service depuis 2008 : 50 700 EcoW'acteurs et 180 chartes d'engagements signées par des établissements publics ou privés
- Le site internet www.ecowatt-provence-azur.fr, en service depuis fin 2010, 20 000 EcoW’acteurs et 74 chartes d'engagements signées par des établissements publics ou privés
- En 2014 EcoWatt Provence Azur élargit son champ d'action à l'ensemble de la région PACA et devient EcoWatt PACA avec un nouveau site www.ecowatt-paca.fr

RTE a lancé fin 2013 une nouvelle version de son application éCO2mix. Accessible gratuitement sur smartphone et tablette et sur le site internet de RTE, éCO2mix permet de visualiser les caractéristiques de la situation électrique des 21 régions françaises. Avec éCO2mix, RTE poursuit sa sensibilisation à l’importance de la maîtrise de la consommation d’énergie, tout en informant sur les émissions de gaz à effet de serre (CO2).

  1. éCO2mix : une information en temps réel sur la consommation, la production nationale d’électricité, et sa composition par filières (éolien, solaire, énergies renouvelables thermiques, hydraulique, gaz, fioul, charbon, nucléaire), les émissions de CO2 correspondantes et les échanges d’électricité avec les pays voisins.
Un marché européen intégré

L’intégration des moyens de production européens dans un grand réseau interconnecté optimise le système de production, en évitant des surinvestissements régionaux.

Outre le renforcement en cours de l’interconnexion avec l’Espagne à l’est des Pyrénées, RTE :

  1. va débuter les travaux d’un nouvel ouvrage avec l’Italie
  2. participe aux études et au développement de quatre projets d’interconnexion avec l’Espagne (par le golfe de Gascogne), le Royaume-Uni et l’Irlande aisni qu'à un cinquième projet pour raccorder la liaison privée Eleclink au réseau public de transport.

Entso-E et l’Acer contribuent à la construction de l’Europe de l’énergie dans le cadre du troisième "paquet législatif énergie".

  1. Entso-E, qui regroupe 41 gestionnaires de réseau de transport de 34 pays européens, doit définir les règles de fonctionnement du marché et établir un plan décennal de développement du réseau européen. Objectifs : garantir la sécurité de l’approvisionnement, promouvoir l’intégration du marché électrique, intégrer les énergies renouvelables dans le réseau.
  2. Acer, agence de coopération entre tous les régulateurs européens, est l’interlocuteur privilégié d’Entso-E.

RTE participe à quatre initiatives régionales européennes d'harmonisation des règles et outils de gestion des réseaux:

  1. Centre-Ouest européen (France, Benelux, Allemagne)
  2. France-Royaume-Uni-Irlande
  3. Sud-Ouest européen (France, Espagne, Portugal)
  4. Centre-Sud européen (France, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovénie, Grèce).

RTE est aussi à l’origine de Coreso 1, premier centre de coordination technique commun à plusieurs GRT.