Impacts

Nucléaire : la gestion des déchets et la déconstruction

La gestion des déchets nucléaires en France

EDF assume la responsabilité des déchets nucléaires produit par ses réacteurs et en limite l'impact sur la santé et l'environnement par une gestion régie par quatre principes : limitation à la source, tri, conditionnement, entreposage et stockage. Il entend contribuer à l’émergence d’une solution globale de gestion à long terme des déchets à la fois sûre et acceptable par le public.

En France, il assume l’entière responsabilité, financière et technique, de la déconstruction de ses centrales. D'importantes provisions ont été constituées.

L’ensemble des coûts de traitement des déchets et des provisions pour déconstruction est intégré dans le calcul du coût du kWh nucléaire.

Le cycle du combustible nucléaire regroupe les opérations industrielles menées en France et à l’étranger pour :

  1. livrer le combustible nécessaire à la production d'énergie en réacteur
  2. l'évacuer après son utilisation en réacteur
  3. le traiter en vue de son stockage, de son entreposage ou de son recyclage sous forme de combustible MOX.

La loi de juin 2006 sur la gestion durable des matières et déchets radioactifs définit :

  1. une matière radioactive comme une substance radioactive pour laquelle une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement et recyclage
  2. les déchets radioactifs comme des substances radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée.

Le cycle comporte trois étapes :

  1. l’amont du cycle : le traitement des concentrés issus du minerai d’uranium, la conversion, l’enrichissement et la fabrication du combustible (plus de deux ans)
  2. le cœur du cycle qui correspond à l’utilisation en réacteur : réception, chargement, exploitation et déchargement (trois à cinq ans)
  3. l’aval du cycle : l’entreposage en piscine, le retraitement des combustibles usés pour réutilisation en réacteurs des matières valorisables, la vitrification des déchets de haute activité, puis l’entreposage des déchets avant stockage
Une responsabilité assumée

La production d’électricité d’origine nucléaire génère des déchets radioactifs issus de l'exploitation, de la maintenance ou de la déconstruction des centrales ainsi que du traitement du combustible usé. Une solution technique est disponible pour la gestion à long terme de tous les déchets produits par le parc électro-nucléaire d'EDF. Tous les déchets radioactifs restent en France, où ils sont traités, entreposés ou stockés dans des installations surveillées.

  1. La production d’1 TWh génère :
    1. 0,4 m3 de déchets de haute activité à vie longue (HAVL)
    2. 0,5 m3 de déchets de moyenne activité à vie longue (MAV)
    3. 16 m3 de déchets d’exploitation dont 10 m3 de faible et moyenne activité à vie courte (FMAVC)
    4. 6 m3 de très faible activité à vie courte (TFAVC).

EDF gère ces déchets selon quatre principes.

  1. Limitation à la source : les progrès accomplis dans la conception et l’exploitation des centrales ainsi que dans le conditionnement des déchets ont divisé par trois le volume des déchets à vie courte (filtres, résines, vinyles, etc.) depuis 1985
  1. Tri selon leur nature, leur niveau d’activité et leur période radioactive
  1. Conditionnement pour éviter tout risque de dispersion dans l’environnement
  1. Entreposage et stockage pour assurer la protection de l’homme et de l’environnement contre les rayonnements.

 

Areva assure le traitement des combustibles usés et leur recyclage sous forme de combustible MOX.

  1. L'accord de juillet 2011 avec AREVA renforce la coopération industrielle dans le domaine de la gestion des déchets radioactifs

L'Andra est chargée de la gestion à long terme du stockage des déchets ultimes, conformément à la loi du 28 juin 2006 sur la gestion durable des matières et déchets radioactifs.

Déchets radioactifs et combustible évacué de 2011 à 2013 en France
2013 2012 2011
Déchets radioactifs de très faible activité issus de la déconstruction (TFA) - En tonnes 1 110 2 528 634
Déchets radioactifs solides de faible et moyenne activité à vie courte (F&MA) - En m3 par TWh produit 18,9 20,7 15,6
Déchets radioactifs solides de haute et moyenne activité à vie longue (H&MA) - En m3 par TWh produit 0,86 0,88 0,87
Combustible nucléaire usé évacué - En tonnes 1 089 1 075 1 199

 

La forte baisse entre 2012 et 2013 des déchets issus de la déconstruction s'explique principalement par l'activité exceptionnelle de 2012 : évacuation des terres du chenal du chantier de déconstruction de la centrale de Brennilis, pour 1 300 tonnes environ, et des deux générateurs de vapeur de la centrale de Chooz A, pour près de 230 tonnes.

Le traitement et le recyclage des combustibles usés

Le combustible usé renferme des matières, uranium (95 % du combustible usé) et plutonium, en partie recyclées, après traitement, dans la production électrique. Cette valorisation économise 17 % d'uranium naturel et contribue à la sécurité d'approvisionnement énergétique.

Une partie de l’uranium issu du retraitement est utilisée, après enrichissement (uranium de retraitement enrichi, URE), dans les réacteurs de la centrale de Cruas. L'autre partie, non utilisée, est stockée sous forme stable pour pouvoir être utilisée ultérieurement selon l'évolution du marché de l’uranium naturel.

Le plutonium est extrait du combustible usé par Areva dans son usine de La Hague et recyclé en un nouveau combustible, le MOX (Mixed Oxyde Fuel), utilisé en 2013 dans 22 réacteurs du parc nucléaire d’EDF (24 autorisés).

  1. Objectif pour les années futures de 120 tonnes de MOX chargées par an

Sur environ 1 200 tonnes de combustibles déchargés annuellement des réacteurs, les quantités traitées sont déterminées en fonction de la quantité de plutonium recyclable dans les réacteurs autorisés à charger du combustible MOX. Depuis 2010 les capacités de recyclage conduisent à traiter environ 1 050 tonnes de combustibles usés par an, sur 1 200 tonnes de combustible consommé.

Classification des déchets nucléaires en France
Concernant les déchets générés par EDF :
Déchets de haute activité à vie longue (HA-VL)
  1. déchets issus du traitement, par vitrification, des combustibles usés, correspondant à l’exploitation des anciennes centrales uranium naturel graphite gaz (« UNGG ») et à 40 années d’exploitation du parc REP actuel.
Déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL)
  1. principalement les structures des assemblages (coques et embouts, morceaux de gaines, etc.) séparées lors du traitement du combustible usé. Ils sont aujourd’hui compactés et conditionnés dans des conteneurs en acier inoxydable ;
  2. d’autres déchets MAVL sont produits par la recherche ou l’industrie du cycle du combustible.
Déchets de faible activité à vie longue (FA-VL)
  1. déchets issus de la déconstruction des anciens réacteurs UNGG (graphite, déchets de procédés).
Déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC)
  1. proviennent des installations nucléaires (gants, filtres, résines, etc.).
Déchets de très faible activité (TFA)
  1. ces déchets, dont la radioactivité est du même ordre de grandeur que la radioactivité naturelle, proviennent principalement de la déconstruction des installations nucléaires, ce sont surtout des gravats (béton, ferrailles, calorifuges, tuyauteries, etc.).
Le stockage des déchets radioactifs en France

Les déchets FMA-VC (faible et moyenne activité - vie courte) et TFA-VC (très faible activité - vie courte) sont stockés dans les centres de l’Andra à Soulaines et Morvilliers.

Les déchets HA-VL (haute activité, vie longue) et MA-VL (moyenne activité, vie longue) sont vitrifiés et entreposés à La Hague dans l'attente de leur stockage réversible en couche géologique profonde (500 mètres environ), solution de référence retenue par la loi du 28 juin 2006.

  1. Les déchets HA-VL produits par les centrales uranium naturel graphite gaz (UNGG) à l'arrêt et par 40 ans d’exploitation du parc de réacteurs actuels représenteront un volume d’environ 6 700 m3

Conduites par l'Andra au laboratoire de Bure-Saudron, les études sur le stockage géologique des déchets HA-VL et MA-VL mobilisent la communauté scientifique internationale.

Le projet de stockage géologique réversible Cigéo (centre industriel de stockage géologique) en Meuse/Haute-Marne entre dans sa phase industrielle et doit aboutir à un ouvrage conforme aux exigences de sûreté de l'ASN, conçu et réalisé dans un objectif d’optimisation technico-économique.

  1. Conformément aux vœux de la DGEC, une convention de partenariat a été conclue en 2011 par les exploitants nucléaires et l’Andra pour que le projet de stockage bénéficie des compétences et de l’expérience de l’ensemble des acteurs de la filière nucléaire, notamment française
  2. Pour le débat public dur Cigéo, qui s'est déroulé de mai à décembre 2013 avec la par

ticipation d'EDF, la Commission nationale de débat public a déployé de nouveaux moyens de participation, essentiellement sur internet. Le compte rendu et le bilan du débat public ont été rendus publicq en février 2014. L'Andra doit décider des suites qu'elle donnera aux attentes exprimées, notamment sur un jalonnement plus progressif du projet, intégrant une étapes de stockage "pilote", et faire des proposition à l'Eta pour y répondre.

En savoir plus sur le projet de centre de stockage profond de déchets radioactifs français.

Position de la Commission européenne sur le stockage

En 2010, la Commission européenne a lancé une consultation dans l’Union sur l’opportunité d’adopter une législation communautaire relative à la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs. Les citoyens européens se sont majoritairement prononcés en faveur d’une telle législation. Issue de cette consultation et des discussions au sein du Conseil, la Directive n° 2011/70 du 19 juillet 2011 établit au niveau communautaire un cadre juridique sur la gestion des combustibles usés et des déchets.

  1. En savoir plus sur le contenu de la directive
La R&D

Les programmes de recherche concernent les questions de transport, d’entreposage, de traitement et de stockage du combustible usé et de ses déchets associées. Les financements sont divers (R&D interne : 5 M€, R&D dans le cadre de l’accord traitement-recyclage 14 M€, R&D avec l’ANDRA via la taxe annuelle 100 M€).

Plus d'information sur la R&D sur le traitement des déchets nucléaire

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