Sûreté

La mobilisation internationale après Fukushima

L’action du groupe EDF après Fukushima

Les actions d’EDF en France

L’évaluation des dispositifs de sûreté

Conformément à la décision du 5 mai 2011 de l'ASN et sous son contrôle, EDF a engagé 19 évaluations complémentaire de sûreté (ECS) des dispositifs matériels et humains de ses réacteurs en exploitation et de l'EPR de Flamanville, face :

  1. aux risques de séisme et d’inondation
  2. à la perte simultanée de la source de refroidissement et des alimentations électriques
  3. aux conséquences des accidents graves
  4. aux règles appliquées à la sous-traitance.

En 2012, EDF a remis les ECS de ses 6 sites en déconstruction. Ces ECS, réalisés par les exploitants, l'ingénierie et la R&D d'EDF, intègrent des situations extrêmes dépassant les limites retenues lors de la conception des installations et par les réexamens décennaux de sûreté.

L'ASN a instruit les 19 ECS d'EDF et remis au gouvernement, en janvier 2012, son rapport de conclusions assorti d'un avis indiquant qu'à l'issue des ECS, elle considère que : "les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles. Dans le même temps, l’ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d’augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes."

L’ASN a décliné, en juin 2012, cet avis en plus de 600 prescriptions techniques via 19 décisions (une par site en exploitation). Ces prescriptions et le plan d’actions post-Fukushima d’EDF sont axés sur l’augmentation de la robustesse des centrales françaises et de leur résilience aux situations extrêmes :

  1. cumul de phénomènes naturels d’ampleur exceptionnelle et surpassant les phénomènes retenus lors de la conception
  2. situations d’accidents graves consécutives à la perte prolongée des sources électriques ou de refroidissement.

 

EDF a engagé quatre actions.

  1. Renforcement, d'ici 2020, des équipes de conduite en cas d’accident grave
  2. Déploiement d’importantes modifications dans une logique d’amélioration continue de la sûreté et en anticipation des échéances du projet Durée de fonctionnement
  3. Création d’un noyau dur de dispositions matérielles et organisationnelles robustes pour garantir la sûreté au-delà du dimensionnement, dans des situations hautement improbables. Ces dispositions visent à éviter des rejets radioactifs massifs et durables dans l’environnement. Le noyau dur intègre aussi la gestion de crise, notamment centre de crise, moyens de communication, mesure de la dosimétrie, mesures dans l’environnement
  4. Création de la Force d’action rapide nucléaire (FARN) pour aider un site en difficulté, en assurant la relève des équipes et en déployant des moyens complémentaires d’intervention d’urgence en moins de 24 heures, avec un début des opérations sur site dans les 12 heures à compter de leur mobilisation
    1. Depuis le 1er janvier 2013, la FARN peut déployer une colonne et une équipe de reconnaissance nationale dans chaque CNPE pour intervenir sur un réacteur. Fin 2014, elle doit pouvoir le faire pour les 4 réacteurs d’un site en difficulté et fin 2015, pour les 6 réacteurs d'un site
    2. Une base opérationnelle de la FARN déployée en 2013 à Civaux et trois autres en cours de gréement à Paluel, Dampierre et Bugey et des exercices de simulation (réalimentation en eau, air et électricité)
    3. EDF a proposé d'intégrer les dispositions (sûreté nucléaire, radioprotection, prévention des risques professionnels, qualité de vie au travail) de la Charte de progrès conclue en 2004 avec les prestataires du nucléaire dans un cahier des charges social joint aux appels d’offres des industriels français du nucléaire. Effectif depuis le 1er janvier 2013, ce cahier des charges social fixe des règles communes qui garantissent savoir-faire, compétence, formation et qualification des intervenants



Plus d'information sur les évaluations complémentaires de sureté (site ASN)

Les actions d’EDF Energy au Royaume-Uni

Évaluations et stress tests

Sur ses huit centrales et sur le projet d'EPR d'Hinkley Point, EDF Energy a :

  1. conduit les évaluations requises par WANO
  2. réalisé des stress tests (programme JER Japanese Earthquake Response) conformément aux demandes de l'autorité de sûreté britannique, l’ONR (Office of Nuclear Regulation), et de l’Union européenne.

EDF Energy n'a pas détecté de lacune dans les scénarios de sûreté opérationnelle et a identifié plusieurs opportunités pour améliorer la “résilience” à des évènements dépassant les hypothèses de conception : protection anti-inondation, renforcement des installations d’urgence sur site et des équipements de secours.

  1. Conclusions du stress test du projet EPR d'Hinkley Point :
    - les hypothèses de conception de référence pour le séisme et l’inondation sont robustes et laissent une marge de sécurité importante
    - 30 améliorations potentielles de résilience ont été identifiées : elles vont être évaluées et intégrées à la conception de référence du modèle

Dans son rapport d'octobre 2011, l'ONR indique "ne voir aucune raison pour restreindre l'exploitation des centrales nucléaires au Royaume-Uni" et souligne la réaction "responsable et appropriée" de l'industrie nucléaire britannique, "affichant un leadership en matière de sécurité et une solide culture de sûreté nucléaire dans sa réponse". EDF Energy a accueilli favorablement ces conclusions et s’est engagé à mettre en œuvre les préconisations dans ses centrales existantes et futures.

 

Plusieurs centaines d’actions d'ici 2014, couvrant :

  1. la résilience sur sites (protection des bâtiments, installations de secours, gestion de l’information, technologie satellite, interfaces de réception des équipements, fournitures de secours), la construction de centres de gestion de crise supplémentaires mobiles et sur certains sites, le renforcement du centre de crise central de Barnwood
  2. le stockage des équipements de secours en quatre points stratégiques (pompes d’assèchement, pompes haute pression, groupes électrogènes mobiles, unités d’hébergement véhicules tout terrain dont certains pour transporter des conteneurs spécialisés de grande taille)
  3. la modification de l’organisation d’intervention d’urgence (nouveaux rôles et nouvelles connaissances exigées)
  4. des modifications pour la centrale REP de Sizewell B : introduction des recombineurs d’hydrogène auto-catalytiques dans l’enceinte (avril 2013), télécommande du filtre-event de l’enceinte de confinement (octobre 2014).
    1. 180 M£ investis en 2013 en équipements supplémentaires, logistique et infrastructures pour renforcer la résilience des sites
    2. Ouverture du centre de gestion crise de Sizewell fin 2013

L'ONR note en octobre 2012 "qu'il apparaît clairement que des progrès satisfaisants sont en cours" et qu'il faut "s’assurer que les recommandations, considérations et résultats sont traités jusqu’au bout et que les améliorations de la sûreté sont bien mises en place".

  1. Pour le projet EPR de Hinkley Point C, des propositions ont été soumises à l’ONR.
En Chine

Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de développer l’énergie nucléaire compte tenu des enjeux environnementaux et de la nécessité d’optimiser le mix énergétique. Après l’accident, il a annoncé une série de décisions :

  1. auto-évaluation des centrales et inspection nationale de sûreté des centrales en exploitation et en construction, réalisées en août 2011
  2. élaboration du Plan de sûreté nucléaire et suspension de tout nouveau projet avant sa publication en 2012
  3. réajustement du programme de développement nucléaire à moyen et long terme (40 GW à 80 GW d’ici 2020).

L'autorité de sûreté nucléaire chinoise, la NNSA (National Nuclear Safety Administration), a prescrit 14 exigences d'amélioration de sûreté dans des domaines comme la protection contre l’inondation et le séisme, les moyens d’alimentation en électricité et en eau ou les procédures d’urgence.

  1. Octobre 2012 : annonce d'une reprise des constructions nucléaires avec, dans les cinq prochaines années, approbation d'un petit nombre de projets de centrales de 3e génération
  2. La NNSA, rattachée au ministère de l’environnement, a renforcé son gréement après l'accident de Fukushima

CGNPC et EDF ont identifié des voies d'amélioration pour les centrales :

  1. prévisions sismiques et météorologiques, systèmes d'alerte
  2. renforcement de la capacité des absorbeurs d'hydrogène existantes et filtres
  3. alimentations mobiles en énergie et en eau
  4. formation
  5. plan d'urgence commun à plusieurs réacteurs.

La vérification de la cohérence des EPR en construction à Taishan avec Flamanville 3 a confirmé l'intérêt de moyens d'urgence mobiles (énergie, eau) et l'amélioration des fonctions de sûreté. Dix-huit modifications, ponctuelles ou de conception, ont été soumises à la NNSA.

  1. La NNSA a exprimé sa volonté de se rapprocher de l’autorité de sûreté française compte tenu de l’avancement du chantier EPR de Taishan