Impacts

L'eau

EDF et la gestion de la ressource eau

En France, EDF gère 7 milliards de m3 d’eau, soit 75% des réserves artificielles de stockage de surface du pays. L’entreprise a prélevé en 2013, pour le refroidissement de ses centrales nucléaires et thermiques, 39,7 milliards de m3 d’eau douce, d’estuaire et de mer (40,6 en 2012) dont 99 % ont été restitués dans le milieu. Les eaux marines et d’estuaires représentent 60% de ces prélèvements, sans contrainte de disponibilité de la ressource pour EDF.

Les enjeux

Le groupe EDF a intégré le risque eau dans sa politique de gestion des risques, au regard de l’importance cette ressource indispensable au refroidissement des centrales nucléaires et thermiques et à la production hydro-électrique.

  1. Toute décision d’investissement fait l’objet d’une analyse de risques détaillée et d’études d’impacts
  2. En France, le Comité Stratégique Eau (CSE), présidé par le Coordonnateur national de l'eau, a établi une politique de l’eau et assure sa mise en œuvre. Dans chaque grand bassin, un Délégué EDF défend les intérêts de l’entreprise dans les instances de concertation sur la base des positions élaborées sous l’égide de la Coordination de l’Eau
Participation aux travaux internationaux

EDF assure la codirection du groupe Eau du WBCSD (World Business Council for Sustainable Development) et participe au board des gouverneurs du Forum mondial de l’eau (World Water Forum). EDF a aussi rejoint l’initiative de l’OCDE sur la gouvernance de l’Eau.

  1. Signature par EDF, lors de la semaine mondiale de l’eau à Stockholm en 2013, du manifeste du WBCSD sur l’accès à l’eau et aux toilettes dans tous les sites d’une entreprise

En France, EDF s’implique dans les pôles de compétitivité traitant de l'eau (pôles Eau, Hydréos, DREAM) et a rejoint le Partenariat Français sur l’eau : il en pilote le groupe Eau/Energie et contribue au groupe Eau et Changements Globaux.

La politique de gestion de l’eau d'EDF s’organise autour de quatre enjeux principaux.

1. Préparer demain

Des crises hydroclimatiques sévères (canicules de 2003 et 2006) et la persistance d’années de sécheresse et de faible hydraulicité préfigurent les effets du changement climatique. Avec son programme R&D sur la gestion de l’eau, EDF :

  1. identifie des scénarios pour la gestion et le partage de l’eau
  2. améliore les connaissances en hydro-écologie, évalue et réduit les impacts sanitaires et environnementaux des unités de production.

2. Répondre aux évolutions réglementaires et sociétales

Face aux multiples textes réglementaires, notamment européens, EDF a créé une organisation pour anticiper leur publication et préparer leur application.

EDF dispose de très longues séries de données sur l'eau et l’hydrologie issues de ses moyens de mesure qui sont susceptibles d’intéresser les services publics. La mise à disposition de ces données s’organise via des conventions cadres, avec un rôle central de l'ingénierie hydraulique d'EDF.

  1. Principaux sujets de veille et lobbying 2013 : la finalisation des Xe programmes d’intervention des Agences de l’Eau, la fin des discussions sur le classement des cours d’eau, la préparation des SDAGE 2016-2021, la Conférence environnementale 2013 : une table ronde sur la politique de l’eau en France et son évolution
  2. Réflexions sur les règles de gouvernance dans les Comités de bassin et les instances locales de concertation, notamment les CLE, suite aux rapports Lesage et Levraut évaluant la politique de l’eau en France

3. Contribuer à la gestion multi-usages de l’eau et au développement économique local

EDF construit des offres énergétiques et environnementales répondant aux objectifs de développement économique des vallées où il est souvent le dernier industriel présent

  1. Focus : le programme Une rivière, Un territoire
    > Une démarche adaptée aux spécificités de chaque territoire

EDF développe la concertation autour des ouvrages hydroélectriques, en associant les collectivités, ONG et associations à l'évolution de ses modes d’exploitation, pour parvenir au meilleur équilibre entre la satisfaction des autres usages et la préservation du potentiel hydroélectrique. De plus, la R&D sur l’amélioration des connaissances des écosystèmes se renforce dans un cadre partenarial.

  1. En Corse où le barrage du Rizzanese est entré en service en 2013, EDF a conclu deux conventions de mise à disposition d’eau brute en 2013 : l'une avec la Collectivité territoriale de Corse (1,6 million de m3 par an essentiellement pour les besoins agricoles), l'autre avec la commune de Sainte Lucie de Tallano pour l'alimentation en eau potable
  2. En Guyane, un comité scientifique composé de chercheurs et experts (CNRS, ONEMA, Muséum d’Histoire naturelle, etc.) et de représentants du ministère de l’Écologie suit, depuis la construction du barrage de Petit Saut, l’évolution de l’environnement terrestre et aquatique ainsi que la qualité de l’eau
  3. En Italie des accords garantissent la disponibilité de l’eau pour les usages agricoles et l’habitat riverain des centrales hydroélectriques d'Edison

EDF s'est doté d'une organisation centrée sur :

  1. sa participation aux instances des Bassins hydrographiques et aux instances locales de l’eau
  2. des structures nationales et régionales de coordination de l'eau
  3. d'une direction du développement durable très impliquée dans ce domaine.

Cette gestion partagée prend en compte la gestion des paysages et de la biodiversité.

  1. Plus de 10 % de l'investissement du barrage de Nam Theun 2 au Laos consacré au développement humain et à la protection de l’environnement naturel
  2. Les flux entrants dans les centrales hydroélectriques d’Edison ont été révisés en 2013 pour s’assurer de la bonne protection des écosystèmes en aval

4. Optimiser la gestion de l’eau pour le producteur

Fluide de refroidissement des centrales thermiques et nucléaires, force motrice des usines hydroélectriques, l’eau est indispensable à la production d’électricité. A l'écoute de ses parties prenantes, le Groupe EDF gère les ressources en eau en bonne adéquation avec ses besoins de producteur électrique et en meilleure intelligence avec les acteurs externes (soutiens d’étiages, convention de maintiens de « cote touristique », …).

Le Comité Stratégique Eau, présidé par le Coordonnateur national de l'eau, assure le suivi de la politique de l’eau en cohérence avec les objectifs stratégiques d'EDF et en prenant en compte les contraintes des métiers et les attentes de l’externe.

La Coordination de l’Eau, effectue au sein d'EDF et en relation avec les parties prenantes clés, l'optimisation des usages de l’eau, avec l’appui effectif d’un réseau d'anticipation, bassin par bassin, doté de moyens de surveillance et d’outils de prévision efficaces qui font référence dans le milieu de l'hydrologie opérationnelle. L'objectif d'EDF est de surveiller l'état des ressources et la gestion de ses stocks d'eau avec la plus grande vigilance pour garantir leur disponibilité, y compris dans des circonstances exceptionnelles. Au niveau national, un groupe national de gestion de l'eau coordonne les différentes contraintes de production et un suivi régulier de tous les stocks d'eau, en tenant compte de l'économie de la production et des multi-usages de l'eau.

  1. 1 100 stations exploitées dont 650 avec télétransmission de données
  2. 40 personnes mobilisées en permanence, dont vingt prévisionnistes
  3. 15 000 informations traitées chaque jour
  4. 30 bulletins de prévisions émis en moyenne chaque jour

Certains effets du changement climatique sont déjà perceptibles sur les températures et, moins significativement, les débits des cours d’eau. Ils doivent être pris en compte par la production.

  1. Des dispositions spécifiques contre les « grands chauds » et les « étiages sévères » permettent de s’y adapter, dans le cadre réglementaire existant, en minimisant les pertes énergétiques qui pourraient en découler.
    1. Grâce à la bonne coordination des acteurs lors des pics de chaleur de 2013, EDF a tenu ses engagements de soutien de débits et limité à 8 jours d’équivalent pleine puissance les pertes des centrales nucléaires
  2. Depuis 2006, un groupe de travail pluraliste « Rejets thermiques », à l’initiative du Ministère de l’environnement, de l’ASN et d’EDF, travaille à mieux anticiper les effets d’une canicule dans un contexte de changement climatique et à mieux partager et parfaire les connaissances sur l’impact de l’échauffement des eaux ainsi qu’à en tirer les enseignements pour l’évolution de la réglementation. Dans ce cadre un programme de R&D a été mené par EDF R&D en collaboration avec l’IRSTEA.
    1. Grâce à ces travaux l’ASN a pu mettre à jour son processus décisionnel applicable aux centrales nucléaires en cas de canicule. Le but est d’éviter le recours à des dérogations, en prenant acte que les recherches ne révélaient pas d’impact des rejets des centrales sur la faune piscicole dans ces périodes de canicule
Les engagements du groupe EDF

En 2012, le groupe EDF s’est engagé à :

  1. développer, avec la communauté scientifique, des méthodes et outils pour évaluer l'empreinte eau de ses activités de production d'électricité dans les territoires, afin d’approfondir sa connaissance des synergies entre eau et électricité (Water For Energy Framework, W4EF).
    1. Présentation en 2013 du travail initié avec les sociétés du Groupe et la communauté scientifique internationale à la Commission européenne qui l'a retenu avec 9 autres propositions dans le cadre d’un appel à expression d’intérêt sur l’innovation dans le domaine de l’eau
  2. maîtriser l'empreinte eau de ses activités de production électrique, particulièrement à :
    - continuer à améliorer les prélèvements et consommations de ses centrales existantes et futures
    - rechercher la meilleure efficacité pour l'utilisation de l'eau à l'échelle des territoires et des bassins hydrographiques.
    1. Réunissant depuis mars 2013 les différents métiers et filiales, le Groupe de travail Empreinte Eau va établir une cartographie affinée des usages de l’eau (process industriels et prélèvements) – dans le Groupe et mettre en œuvre la méthodologie de calcul de son empreinte eau
  3. créer de la valeur locale pour tout projet de production d’électricité et intégrer la minimisation de son empreinte eau dès la conception des installations. Le groupe EDF s'est engagé à évaluer la durabilité des ses projets hydro-électriques en s'appuyant sur le sustainability protocol de l’IHA (International Hydropower Association)
    1. Menée de mai à juin 2013 par des auditeurs indépendants, l'évaluation du projet Romanche-Gavet a porté sur le nouvel ouvrage et le démantèlement des centrales existantes. 42 personnes ont été interviewées, 311 preuves considérées. Les résultats montrent une très haute performance du projet au regard des critères de durabilité de l'hydroélectricité analysés avec le protocole IHA. Le projet satisfait aux critères du protocole de «meilleures pratiques éprouvées» sur 11 des 18 thématiques évaluées. Le rapport est disponible sur le site internet de l’IHA Voir le rapport
  4. poursuivre le travail engagé sur les liens entre eau, énergie et alimentation, en particulier avec le CGIAR (Consultative Group on International Agricultural Research) et l’IHA.
    1. Le Pôle Immobilier s’est également engagé à baisser entre 2012 et 2015 de 5% la consommation d’eau du parc immobilier / espaces verts qu’il gère et déploie un système de télérelève des consommations d’eau dans ses 200 principaux bâtiments

Les engagements d’EDF Energy au Royaume-Uni

EDF Energy, qui gère la ressource en eau de manière efficace et dans le respect des normes de prélèvements et de rejets, s'est engagé à établir et communiquer son empreinte hydrique d’ici 2015, en cohérence avec les engagements du groupe EDF. Le calcul intégrera ses activités opérationnelles et fonctionnelles. La société veillera aussi à limiter son impact sur les ressources locales et régionales.

L’appui de la R&D

La R&D d’EDF et l'IRSTEA développent des travaux d’hydrobiologie, d'hydrologie et de sédimentologie. Fin 2009, ils ont créé pour 10 ans une équipe commune de recherche dédiée à l’écologie des milieux aquatiques : peuplements piscicoles autour des ouvrages hydroélectriques, influence de la température sur la croissance des jeunes poissons, modélisation des évolutions morphologiques d'un lit alluvial.

La gestion de la ressource en eau à l’échelle d’un grand bassin versant est encore plus complexe si l'on intègre les changements futurs, dont celui du climat. La R&D d’EDF travaille à définir les enjeux relatifs à la tension sur la ressource en eau et à son partage futur entre les différents usages.

  1. La R&D d’EDF élabore, avec d'autres équipes scientifiques (IRSTEA, ONEMA), des scénarios sur le bassin Durance-Verdon (dans le cadre du projet MEDDE) sur l’évolution de la ressource sous changement climatique avec prise en compte de l’évolution des usages (avec des représentants des activités agricoles, industrielles, eau potable, tourisme).
  2. En 2012, la R&D d’EDF a réalisé des modélisations hydrologiques spatialisées et participé à des ateliers de prospective pour établir un modèle global de scénarisation des futurs. Les résultats de ce projet qui se poursuit jusqu'en 2017 seront utilisés par la DTG (ingénierie) pour les études et les prévisions
  3. Plus en amont, EDF R&D travaille à mieux comprendre les échanges nappe-rivière dans la perspective du changement climatique sur le bassin de la Loire moyenne (Gien-Chinon) avec le BRGM, l’École des Mines-ParisTech, METEO France, l’agence de l’eau et la DREAL Loire-Bretagne).

Ces deux sujets (changement climatique et ressources en eau) mobilisent une dizaine de chercheurs pour un budget d’environ 2 M€ par an.

  1. A la demande d'EDF Fenice, un projet R&D a été conduit avec l'Université de Rome pour trouver de nouveaux matériaux et processus de rémédiation in situ des nappes phréatiques